philosophie par le mot et l'image
si nous aimons assez la vie, la mort ne peut plus rien.
Au début on ne lit pas. Au lever de la vie, à l'aurore des yeux. On avale la vie par la bouche, par les mains, mais on ne tache pas encore ses yeux avec de l'encre.
Le loup c'était moi, derrière les barreaux, ensommeillé. L'alouette c'est moi, dans l'air bleu, vibrante de petit délire calme. Hier une cage, aujourd'hui un ciel.
Si aujourd'hui je me lève avant les oiseaux, c'est par gourmandise. Je passe du lit à l'encre, c'est pareil, cela donne même repos.
Avant de voir son visage, je sens son parfum. Avant de sentir son parfum, j'entends le bruit de ses pas sur le gravier.
Les livres sont la résidence secondaire de l'âme. Quand elle pousse les volets de papier contre le mur, une lumière entre partout dans la pièce.
légèreté de l'oiseau qui n'a pas besoin pour chanter de posséder la forêt, pas même un seul arbre.
Les secrets sont des piments sur le bout de la langue. Tôt ou tard ils mettent le feu à la bouche.
On fait quelques pas hors de l'enfance, puis très vite on s'arrête. On est comme un poisson sur le sable. On est comme celui qui piétine dans sa mort, un adulte. On attend. On attend jusqu'à ce que l'attente se délivre d'elle même, jusqu'à l'équivalence...