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philosophie par le mot et l'image

Adversaire de soi-même

Publié par Sid Nes sur 3 Janvier 2017, 18:50pm

Catégories : #photo

Résumons.

L'être qui s'identifie à sa personnalité vit sous la botte d'une dictature inconsciente - si nous l'entendions, la musique serait en ce cas celle d'une marche militaire. L'homme n'est pas seulement étranger à lui-même, il est aussi son propre ennemi. S'il souffre de quelque chose, c'est de la tyrannie que les peurs, les blessures du passé et les besoins qui en résultent exercent sur lui.

Les peurs, les blessures, les besoins, les croyances nous conditionnent et nous rendent esclave de nous-même. Ils rendent notre individualité esclave de notre personnalité. Ils nous font danser au rythme d'une musique ronflante qui n'est pas la nôtre. Comme nous ignorons que nous sommes d'abord et avant tout soumis au personnage que nous avons adopté pour survivre, nous rendons nos partenaires responsables de nos faux pas. S'ils ne répondent pas à nos besoins et qu'ils nous frustrent, nous les accusons et nous leur marchons sur les pieds. Ils deviennent alors nos adversaires et nos victimes. Autrement dit, nos besoins et nos attentes inconscientes nous jettent dans une hostilité permanente.  

Avez-vous remarqué que nos demandes exigeantes et nos excès d'autorité se révèlent la plupart du temps inutiles ? Parce que nous sommes sans doutes les seuls à pouvoir prendre conscience de cette domination du personnage en nous. Pire, en restant dans cet esclavage inconscient, nous devenons bourreau de nous-même. C'est à dire que nous étouffons les grands élans créateurs que nous portons en nous.

Bref, pour avoir des existences fortement personnalisées, nous nous coupons de notre musique intérieure. C'est en cela que nous devenons bourreau de nous-même, adversaire de notre soi, adversaire de notre être véritables. Certes, la personnalité nous protège des jugements du monde extérieur, mais ce faisant, elle nous aliène et nous rend étranger à nous-même. Les récompenses attachées à la satisfaction toujours plus difficile des besoins se révèlent à plus ou moins brève échéance illusoires : elles font alors place à une perte du goût de vivre, au sentiment d'avoir raté la danse, c'est à dire son existence. Alors, quelque chose doit se passer. Lorsque notre personnalité risque d'étouffer les élans de vie qui animent notre individualité, nous envoyons à notre insu des signaux de détresse qui attirent à nous des êtres et des situations à même de faire exploser nos programmations inconscientes - soit une tension dans la vie de couple, soit une faillite professionnelle, soit une maladie. Autrement dit, cet état d'aliénation intérieure et d'adversité inconsciente, cet état de conflit avec soi-même, suscite des situations adverses ou des adversaires.

 

extrait de victime des autres, bourreau de soi-même de Guy Corneau 

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