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philosophie par le mot et l'image

La projection de l’ombre

Publié par Sid Nes sur 29 Décembre 2016, 20:22pm

Catégories : #photo

Comment aider mon compagnon ou ma compagne à changer sans que j’aie à changer de compagnon ou de compagne ?

 

Une réponse s’impose : si l’étranger dans votre compagnon ou votre compagne vous dérange, c’est qu’il y a aussi en vous l’étranger qui vous dérange sans que vous vous en rendiez compte. Cet étranger se tapit dans votre Ombre ; l’autre vous en rappelle simplement l’existence. L’ombre représente la part obscure de l’individu. Nous le gardons caché parce que, de peur d’être jugé, nous ne voulons pas que les autres le voient. En effet, l’ombre se réfère à des parties que nous trouvons indésirables.

Nous tentons, en quelque sorte, de les « mettre à l’ombre » pour qu’elles cessent de nous nuire. Mais l’Ombre n’est pas chose morte. L’inconscient est bel et bien vivant. Ce que nous condamnons aux oubliettes obtient par le fait même le pouvoir de nous hanter et de nous obséder, qu’il s’agisse de dimensions de soi ou de comportements d’autrui.

En réalité, nous utilisons plusieurs stratégies pour faire échec à la prise de conscience de l’Ombre. La plupart du temps, nous projetons nos propres complexes à l’extérieur de nous. C’est-à-dire que nous prêtons aux autres des éléments de notre propre psyché, ceux que nous ne voulons pas reconnaître. Ils nous apparaissent donc chez autrui avant qu’on puisse les voir chez nous.

Le terme projeter a une étymologie commune avec celui de projectile, car la plupart du temps, nous utilisons nos projections comme de véritables projectiles, pour atteindre et blesser les autres. C’est flagrant lorsque nous utilisons quelqu’un comme bouc émissaire d’éléments qui émanent de notre Ombre ; ceux-ci nous appartiennent mais nous nous en déchargeons sur lui.

 

Nous abordons ainsi le domaine de l’exclusion. Il y a de plus en plus d’exclus dans notre monde, à l’échelle des communautés comme à celle des nations. Ils portent pour nous ce que nous refusons d’assumer. Nous croyons que les exclus viennent de l’extérieur, que nous pouvons nous en débarrasser en leur fermant la porte de nos maisons et de nos pays, mais ils vivent en nous. Ils représentent les parties que nous ne voulons pas voir. Ils nous protègent d’un monde solaire, propret, tout beau mais désertique.


 

extrait de:   victime des autres, bourreau de soi-même de Guy Corneau

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